Précisons le sens des mots...


Le terme Haut-Potentiel concerne les personnes (enfants, adolescents et adultes) en situation de surdouance. Suite aux connotations péjoratives du mot "surdoué", aux idées fausses que celui-ci véhicule aussitôt ainsi qu'aux caricatures inévitables qu'il suscite, certains spécialistes de la question lui ont préféré le vocable "Haut-Potentiel", notamment dans certains pays, comme le Canada et la Belgique.



Mais... Qu'est-ce que la Surdouance ou le Haut Potentiel ?


Nous vivons dans un monde où les relations sont encore trop souvent bâties sur l'excellence, la compétition et les comparaisons. Cela conduit inévitablement à un système de hiérarchisation qui justifie que certains, se croyant supérieurs à d'autres, puissent décider pour les autres de façon unilatérale, les ignorer ou choisir de les traiter comme des "dégâts collatéraux".

Alors, aborder le thème de la surdouance est un pari délicat et fort épineux qui peut rapidement dégénérer en "sujet-savonnette" générant l'incompréhension et un florilège d'a priori aussi stupides qu'erronés...
[Idées reçues, idées fausses sur la surdouance - Psychologies.com]

Il ne s'agit donc pas ici d'opposer les uns aux autres par de faux critères arguant d'une présupposée supériorité mais de poser une différence et d'expliquer un mode de fonctionnement aussi dissemblable que spécifique à un petit nombre d'individus.


Les avancées dans le domaine des neurosciences et de l'imagerie cérébrale ont enfin permis de mettre en mots (et en images) des différences de fonctionnement cérébral. Il s'avère qu'environ 2% d'individus (5% probables selon les estimations de certains spécialistes) ont un fonctionnement neuronal et cérébral différent du reste de la population.
Cette différence consiste essentiellement d'une part dans la vitesse de transmission de l'information et, d'autre part, dans le traitement de cette information. La majorité des individus ont ce que l'on appelle un "fonctionnement de cerveau gauche" ; la personne HP a un fonctionnement de cerveau droit ou un fonctionnement de cerveau global, et une spécificité : la "pensée en arborescence", par contraste avec le mode habituel dit de "pensée linéaire".
[http://www.anhugar.com/fr/ecole/arborescence.html]
[https://sites.google.com/site/ladouance/neurologie-du-cerveau-deux-types-de-surdoues]

Les études les plus récentes ont démontré qu'il ne suffit pas d'avoir un QI élevé pour être surdoué. La question du QI n'est en réalité qu'un parmi une cinquantaine de critères permettant de "diagnostiquer" le Haut Potentiel.
[http://surdouee-ordinaire.over-blog.com/pages/Surdouee_cest_quoi-1417558.html]


J'insiste sur la différence existante entre QI hors normes et surdouance. En effet, on peut avoir un QI élevé sans pour autant être surdoué. Il y a longtemps eu maldonne et incompréhension à ce sujet ; finalement, ce sont les avancées de la psychologie clinique et des neurosciences qui ont permis d'établir clairement la différence. Et cette différence n'est pas anodine en termes de conséquences : le fonctionnement cérébral du surdoué le rend fondamentalement peu adaptable aux différents systèmes en vigueur actuellement (familiaux, scolaires, éducatifs, sociaux, etc.).
Les QI élevés "non surdoués" ne connaissent pas ce genre de problèmes : ils réussissent généralement très bien leurs scolarités, ils font de brillantes études et atteignent des statuts socioprofessionnels élevés. En revanche, le fonctionnement et l'hyper sensibilité spécifiques des HP, leur intolérance viscérale à l'injustice, leur idéalisme prononcé, leurs difficultés à se plier aux régles et leur résistance à l'autorité exercée sans discernement tendent à les marginaliser. D'ailleurs, le taux de suicides et les états dépressifs sont particulièrement élevés dans nos rangs...


Dans le cadre de l'évaluation des HP, en plus d'un QI hors normes (supérieur à 130), intervient la prise en compte des différentes formes d'intelligence comme l'intelligence abstraite, spaciale, verbale, émotionnelle, artistique, etc. Enfin, une autre des constantes : l'hyperesthésie. Nous avons tous en commun un hyper développement d'au moins deux sens. Dans mon cas, par exemple : l'odorat, l'ouïe et le toucher.


Certains parmi nous ont adopté la dénomination affectueuse que nous a donnés Jeanne Siaud-Facchin : elle nous appelle les "Zèbres". Parce que le zèbre est le seul équidé que l'on ne peut pas dresser et que, tout comme lui, chaque spécimen porte des zébrures particulières qui font de lui un individu absolument unique parmi les siens...



Et hop ! En haut de la page...